Entre charme balnéaire et mémoire historique

Saint-Florent

Ancré au fond du golfe auquel il a donné son nom, le village de Saint-Florent charme balnéaire et mémoire historique.

Présentation

Le port et sa citadelle, porte d’entrée vers l’Agriate

Son port, autrefois centre d’échanges commerciaux, accueille aujourd’hui plaisanciers et visiteurs, sous le regard de sa citadelle du 15e siècle. Riche d’un patrimoine religieux, l’église Saint Anne veille sur les quais du port, tandis que la cathédrale romane Santa Maria Assunta, en retrait de la cité, invite à la contemplation. En toile de fond, la chaîne calcaire du Mont Sant’Anghjulu offre un cadre spectaculaire, qui se prolonge au-delà du Grand Site, vers l’Agriate et ses paysages sauvages.

Un peu d'histoire

La porte maritime du Grand Site de France

Durant l’Antiquité, la mer Méditerranée constituait un espace favorable aux échanges commerciaux maritimes.

Les grandes puissances y échangeaient des produits de toutes sortes via des routes maritimes de plus en plus structurées au fil des siècles.
Située au cœur de la Méditerranée, la Corse – et en particulier le golfe de Saint-Florent – occupait une position stratégique dans ce trafic maritime et sur les grands itinéraires antiques. L’île se développait alors grâce à ces interactions extérieures, fournissant notamment à Rome une partie de ses produits et de ses hommes.

Saint-Florent, témoin de l’histoire maritime corse

Les Romains mirent en valeur les plaines situées à l’arrière des cités côtières. Ainsi, Nebbiu, ancien nom de Saint-Florent, offrait des conditions propices au développement en raison de sa plaine fertile, favorable à l’agriculture.
De plus, située au fond d’un golfe, la cité offrait un abri naturel sécurisé pour les bateaux : on pouvait y charger et décharger les marchandises tout en étant protégé des intempéries et d’éventuelles attaques de pirates. C’est pourquoi un port y fut établi.

Plus tard, durant la période génoise, une citadelle fut construite à proximité du port de Saint-Florent, protégée par les tours de Farinole et de la Mortella.
Cette configuration influença le choix des Génois, en 1440, d’implanter durablement la ville à cet emplacement.
L’empereur Napoléon Iᵉʳ, en 1793, regretta d’ailleurs de ne pas avoir pu faire de Saint-Florent une capitale et une place forte.

Ce n’est qu’au XIXᵉ siècle, à partir de 1844, que le port fut véritablement aménagé pour accueillir les bateaux de pêche, activité principale des habitants.
À partir de 1903, un bateau à vapeur de la compagnie Fraissinet, assurant les liaisons entre le continent et la Balagne, fit escale à Saint-Florent tous les quinze jours.
Cette liaison maritime cessa en 1938.

La cité de Saint-Florent a connu d’importantes mutations avec le développement des activités touristiques et balnéaires, qui ont progressivement remplacé la pêche traditionnelle.
Dès les années 1950, un projet d’embellissement de la ville voit le jour : le premier droit de terrasse est accordé, des arbres sont plantés, et de nouveaux hôtels et campings sont construits pour accueillir les touristes.
La création du port de plaisance débute, quant à elle, dans les années 1960.

Le développement du tourisme dans ces années-là, notamment avec l’extension du port (plaisance, activités nautiques), a entraîné un véritable dynamisme économique.
La cité, enroulée autour de sa citadelle, s’est progressivement étendue le long des axes routiers menant, au nord, vers Bastia et le Cap Corse ; à l’ouest, vers la Balagne ; et au sud, vers les villages du Nebbiu.
Le port de Saint-Florent, bien protégé des vents, offre aujourd’hui une capacité de 670 places annuelles et 250 places de passage.
Il s’engage activement dans la protection de l’environnement et a obtenu le label Pavillon Bleu, qui récompense une bonne gestion des déchets, de l’eau et des infrastructures.
Il est également devenu un refuge pour de nombreuses espèces aquatiques, grâce à l’installation de nurseries de poissons dans le cadre du projet Biohut.

Aujourd’hui, la cité de Saint-Florent se situe au carrefour de régions dynamiques :

  • le Cap Corse, presqu’île montagneuse qui s’avance dans le golfe de Gênes ;
  • le Nebbiu, véritable « conque d’or » selon Pascal Paoli, dominé par le Monte Astu (1 535 m) ;
  • et l’Agriate, vaste espace naturel bordé par 35 kilomètres de côtes et de plages de sable fin, dont la célèbre plage de Saleccia.

(Sources : MERIA Guy, Saint-Florent et sa région : Une aventure humaine de la Préhistoire à nos jours ; ISTRIA Daniel, Pouvoirs et fortifications dans le Nord de la Corse XIème XIVème siècle ; SILVANI Paul, En Corse au temps de Paoli. Albiana ; Mairie de Saint-Florent.)

Un port chargé d’histoire et de spiritualité

Édifiée par le doge de Gênes Giano I di Campofregoso, la citadelle est développée et améliorée plusieurs fois, que ce soit par les Génois au XVIe siècle, en 1553 par le général Paul de La Barthe de Thermes ou au XVIIIe siècle lorsque la ville consolide ses fortifications. La citadelle est transformée de nouveau à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Elle a conservé une poudrière du 18e siècle, une ancienne chapelle du 17e siècle, des prisons du 19e siècle et le donjon (torrione) du 15e-16e siècle qui commandait l’anse du port. C’est de ce fortin qu’en 1795 Pascal Paoli quitta la Corse pour son exil définitif en Angleterre.

L’ancienne cathédrale du Nebbiu (évêché de Nebbio avant 1789) appelée église Santa Maria Assunta, se trouve à la limite de Saint-Florent le long de la petite route qui remonte vers Poggio d’Oletta par la Strette di San Germanu. C’est un magnifique édifice médiéval en calcaire qui sert encore parfois de lieu de culte. La date de sa construction est incertaine, au XIIe siècle entre 1125 et 1140. La cathédrale renferme notamment les reliques de Saint Flor, soldat romain martyrisé au IIIe siècle. Depuis le XVIIIe siècle, la relique du saint qui avait été donnée à l’évêque de Nebbio par Rome, est fêtée tous les trois ans, le lundi de Pentecôte.

Les merveilleuses plages du golfe de Saint-Florent et de l’Agriate figurent parmi les plus belles de Corse. Elles sont accessibles à pied par le sentier des douaniers au départ de Saint-Florent.

Située aux embouchures de deux rivières, le Poghju et l’Alisu, qui lui confèrent un charme indéfinissable, la cité de Saint-Florent est aussi au cœur de l’AOP Patrimonio réputée pour la qualité de ses vins qui s’exportent dans le monde entier. Cependant, même avec ce développement remarquable, la cité a su conserver l’âme d’un petit village avec sa place centrale où les gens jouent à la pétanque, ses petites rues commerçantes où la polyvalence des commerces permet aux habitants et aux visiteurs de la cité de trouver toutes les commodités inhérentes à un agréable séjour.

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