La Conca d’Oru, un paysage emblématique
Des paysages
remarquables et emblématiques
Le Grand Site de France Conca d’Oru, vignoble de Patrimonio – golfe de Saint-Florent s’organise autour de paysages remarquables complémentaires : la vallée de la Conca d’Oru et la chaîne calcaire du Sant’Anghjulu, le vignoble de Patrimonio et le golfe de Saint-Florent.
La dorsale calcaire du Mont Sant’Anghjulu (354 mètres) animée par ses six vagues forme le point de jonction du dialogue terre – mer. Elle constitue le relief emblématique du Grand Site. Cette dépression d’orientation Nord-Sud est parcourue par un réseau hydrographique dense qui ouvre des passes étroites (« strette ») à l’ouest en direction du littoral et du golfe de Saint-Florent. Elle est animée d’un chapelet de villages bâtis sur les pentes, à la fois dans un réflexe défensif et agraire. Une mosaïque agricole organise le cœur de la conque, finement dessinée par la géométrie des parcelles et des rangs de vignes qui remontent jusque sur les premières pentes.
UNE RICHESSE
GÉOLOGIQUE ET ÉCOLOGIQUE
Les crêtes calcaires dessinent un relief singulier, telle une vague monumentale s’élevant au-dessus du vignoble.
Modelée par les sédiments marins déposés au Miocène, cette chaîne calcaire à l’allure de coquillage, forme la Conca d’Oru et surplombe le vignoble. Bien visibles depuis l’Est, les six collines successives se détachent à l’échelle du grand paysage par leur forme arrondie, leur position dominante et leur blancheur. Elles couronnent le site et constituent sa signature visuelle. Ce relief emblématique marque fortement le paysage par son empreinte et participe à son identité minérale. Les blocs inclinés des formations calcaires ont créé un paysage unique en Corse. Les reliefs riches en fossiles sont creusés de nombreuses grottes qui, outre leur importance sur le plan du patrimoine paléontologique, abritent plusieurs espèces de chauves-souris rares et protégées. La végétation basse et sèche de garrigue méditerranéenne qui tapisse les pentes est également protégée au titre de Natura 2000.
UN SUBSTRATUM GÉOLOGIQUE COMPOSE DE TROIS ENSEMBLES
- À l’Ouest, les formations calcaires (de l’ère tertiaire), qui font le caractère exceptionnel du paysage,
- Au centre, les formations sédimentaires du Nebbiu, déplacées sous l’effet d’un processus tectonique, qui animent la plaine d’un patchwork de sols colorés,
- À l’Est, des schistes lustrés sur les parties supérieures des crêtes, soulignés à mi-pente par des granites sur lesquels se retrouvent notamment les zones boisées sur le versant du Nebbiu.
Cette richesse géologique liée à une grande variété pétrographique est renforcée par la présence de gisements coralligènes qui traduisent l’histoire très ancienne de la mer avec la terre.
UN PATCHWORK DE SOLS COLORÉS
La diversité géologique génère des formations pédologiques complexes, dotées de nombreux types de sols, pour la plupart argilo-calcaires à l’Ouest, schisteux et caillouteux à l’Est. On trouve ainsi plusieurs couleurs de sols sur le territoire. Si le blanc-ocre domine les reliefs, la terre labourée ou peignée par les rangs de vignes met en évidence un patchwork de teintes blanches, brunes ou rouges. La mosaïque colorée des reliefs et substrats participe à la richesse du paysage qui se retrouve jusque dans le bâti traditionnel réalisé à partir de matériaux locaux. S’opère alors dans le paysage un mimétisme harmonieux du bâti et du sol.
UNE HYDROGRAPHIE INTERMITTENTE AU RéSEAU DENSE
Un réseau hydrographique dense parcourt un certain nombre de vallées étroites, peu profondes et perpendiculaires au littoral. Ces vallées ouvrent des entailles en direction de la mer. Ces défilés sont les exutoires des ruisseaux qui sillonnent latéralement le site. Ces ruisseaux prennent naissance sur les pentes Est pour converger rapidement et former trois passes distinctes pour atteindre le littoral : les « strette » du Poggio, de la Strutta et du pont Albino. Leurs parcours se devinent par endroits dans le paysage par la végétation qui les accompagne (ripisylve).
UNE MIXITE DES STRUCTURES VÉGéTALES
Au pied des falaises et des escarpements rocheux, le maquis domine. Cette végétation basse arborée méditerranéenne xérophile et sempervirente ceinture la conque. Elle forme une couverture dense et continue, souvent impénétrable. Le maquis habille les pentes les plus abruptes et compose par endroits avec les vignes qui le gagnent.
Le maquis crée une certaine continuité dans le paysage par rapport au changement du feuillage de la vigne qui rythme les saisons. Les pelouses constituent des milieux ouverts présents sur les pentes des reliefs. Elles sont généralement composées de graminées et de plantes annuelles avec parfois de nombreuses stations d’orchidées remarquables qui ont amené à protéger ces milieux sensibles au titre de Natura 2000 (cas notamment du site Natura 2000 des « Strette de Saint-Florent » situé au cœur du Grand Site). Ces pelouses présentent une grande diversité floristique et faunistique remise en cause par l’abandon du pastoralisme qui entraîne une fermeture de ces milieux. Au sein du Grand Site, les zones boisées restent ponctuelles et circonscrites.
Elles sont présentes sur les soubassements des granites au sud-ouest du site et sont principalement composées de chênes, notamment des chênes lièges anciennement cultivés aux côtés d’oliveraies et de châtaigneraies. Les sujets discrets à l’échelle du grand paysage s’imposent au regard par leurs ports majestueux. Les chênes comme les oliviers renforcent les verts immuables du paysage du site. Un certain nombre d’arbres isolés d’assez grande envergure anime le paysage du Grand Site. Ces arbres fonctionnent comme des repères.
Alignés ou isolés, ils bornent des chemins, ponctuent le vignoble, agrémentent une « casetta », soulignent les ruisseaux ou accompagnent les constructions. Chênes, oliviers, châtaigniers, figuiers, eucalyptus… composent finement avec le paysage. Les arbres donnent du rythme, une échelle, une odeur et participent à la riche biodiversité du site.
LE VIGNOBLE
COMME SIGNATURE DU PAYSAGE
Les vignes prennent place dans un jeu de courbes et de pentes au cœur de la Conca d’Oru.
Les parcelles viticoles animent la géométrie du paysage, elles structurent les pentes, soulignent les courbes du relief, ouvrent les vues. Positionné au cœur de la conque, le vignoble marque le paysage, il en est sa mosaïque. C’est cette harmonie entre terroir agricole et paysage pittoresque qui a motivé le classement du site Conca d’Oru et vignoble de Patrimonio, à l’initiative des vignerons de l’AOP, soucieux de préserver un territoire à haute valeur agronomique et culturelle.
UN VIGNOBLE AU CŒUR D’UN PAYSAGE REMARQUABLE
À l’échelle du grand paysage, la linéarité des parcelles de vignes alterne avec la densité végétale du maquis, des pâtures ou des friches. À l’échelle de la parcelle, le palissage des rangs de vignes assoit les perspectives et renforce le caractère remarquable du paysage, notamment quand les vignes se positionnent au premier plan du Mont Sant’Anghjulu.
MIXITÉ VÉGÉTALE DU VIGNOBLE
La vigne dialogue en permanence avec les composantes végétales présentes dans le site. Les bois et bosquets, le maquis et les friches, les arbres, ponctuent le vignoble et donnent au paysage toute sa diversité. Dans ce couvert végétal le plus souvent continu, la vigne participe à l’ouverture du paysage devenant ainsi un moyen efficace de limiter la progression des incendies. La végétation, spontanée ou d’accompagnement des parcelles de vignes comme des domaines, rythme le vignoble, souligne le parcellaire, marque un domaine ou la présence d’un pailler (« pagliaghiu »). Cette mixité végétale du vignoble, riche en biodiversité, est une réelle plus-value pour le paysage et le patrimoine viticole.
DES BATIMENTS D’EXPLOITATION, CAVES ET DOMAINES QUI ANIMENT LE PAYSAGE
Le bâti viticole témoigne des différentes formes de viticulture présentes sur le territoire. Il traduit l’histoire de la filière et sa dynamique.
À l’échelle du Grand Site, seules les caves particulières assurent la production et la commercialisation des vins. Elles restent relativement discrètes dans le paysage, majoritairement concentrées au sein du village de Patrimonio, le long de la RD81 qui relie Bastia à Saint-Florent. Les caves sont le plus souvent attenantes à une maison d’habitation présente de longue date dans le village. Elles témoignent de l’histoire agraire des lieux.
UN PATRIMOINE RURAL BATI, MURETS, « CASETTE », PAILLERS, TEMOIN DE L’HISTOIRE AGRAIRE DU PAYSAGE
Ponctuellement présents au milieu des parcelles de vignes, de pâtures ou de friches, les paillers ou « pagliaghji » sont des petites constructions en pierres qui témoignent de l’histoire, de l’esprit des lieux. Par leur situation, leurs implantations, leurs formes, leurs volumes et leurs matériaux, ces cabanons sont discrets dans le paysage. La toiture végétalisée caractéristique des paillers renforce le mimétisme de ces constructions dans le paysage.
Les murets de pierre sèche s’observent ponctuellement au sein du parcellaire en place. Ils constituent l’architecture d’anciennes pâtures aujourd’hui peu exploitées ou nouvellement utilisées pour de l’hébergement de plein-air. Ces linéaires de pierres se découvrent sur certaines pentes dégagées de la végétation suite aux incendies. Ces constructions participent à la dimension patrimoniale du paysage. Elles sont les témoins d’une histoire ancienne où l’agriculture a toujours été présente.
PISTES INTERNES AU VIGNOBLE
Deux chemins communaux ou « pistes du vignoble » traversent celui-ci longitudinalement. Ces pistes relient la RD81 au niveau du village de Patrimonio à la RD238 au sud du territoire. Ces chemins sont au cœur de la vallée. Ils traversent la mer de vigne et permettent de découvrir la fine échelle du paysage. La vigne porte le regard. La linéarité des rangs de vignes accentue les perspectives, souligne les détails des courbes du relief, laisse deviner les teintes des sols, accompagne le regard jusqu’aux paillers qui se révèlent. Le paysage se rapproche et se lit dans sa plus fine échelle : pieds de vigne, abords des parcelles, accotements des chemins, talus, fossés, mais aussi paillers, arbres et bosquets… Cette immersion rompt avec les points de vue sur le grand paysage ou la mer. L’ensemble des motifs paysagers se retrouve : les parcelles de vignes, le maquis, les arbres et bosquets en permanence associés au relief symbole blanc, ondulant et dominant du Mont Sant’Anghjulu.
DES LIENS VINS – MER ANCIENS AVEC UNE ACTIVITE PORTUAIRE HISTORIQUE POUR LA VITICULTURE
Du XI au XIIe siècle, durant le temps de la Pax Pisana, le littoral est sécurisé et les Corses quittent les hauteurs pour occuper et mettre la plaine en culture. Des ports sont ouverts, la liberté du commerce est rétablie. C’est une période de prospérité, où la religion occupe une place importante. Les moines Franciscains fondent au début du XIIe siècle le couvent Saint François à Oletta. Ils joueront un rôle majeur dans la mise en valeur agricole et viticole de la Conca d’Oru.
Sous l’ère génoise du XVe au XVIIIe siècle, les vins du Nebbiu et de la Conca d’Oru occupent une place de choix. Une règlementation et une organisation des cultures sont mises en place, notamment pour la viticulture. À cette époque, les vins sont embarqués sur des voiliers à Saint-Florent et font le tour du Cap Corse pour être débarqués à Erbalunga, petit port pittoresque situé sur le versant Est à proximité de Bastia. Dégustés, s’ils avaient supporté l’épreuve de la mer, ils pouvaient être exportés à Gênes ou à Rome, sous l’Appellation « Vini navigati ». Les vins sucrés (Muscat) étaient particulièrement appréciés à l’époque génoise. Il est donc établi que le commerce des vins a contribué très tôt et pendant longtemps, à la création d’un lien fort entre la Conca d’Oru et le golfe de Saint-Florent, au mariage de la terre et de la mer qui fait la singularité du paysage du Grand Site.
Un paysage habité
ponctué de villages
Les villages de Patrimonio, Barbaggio, Farinole, Oletta et Poggio d’Oletta fonctionnent comme des points d’appel paysagers dans les hauteurs.
Leurs silhouettes diffuses ou groupées, ainsi que leurs clochers, dont deux sont classés au titre des Monuments Historiques, constituent des points de repère dans le paysage. Historiquement, l’implantation des villages en hauteur répondait à des impératifs de sécurité, notamment pour se protéger des incursions venues de la mer, tout en bénéficiant d’un ensoleillement optimal et d’une bonne maîtrise des terres agricoles en contrebas.
DES SILHOUETTES VILLAGEOISES HARMONIEUSES
Les villages comme leurs silhouettes participent pleinement à l’identité culturelle des lieux. Le bâti villageois présente des architectures communes et homogènes à l’échelle du Grand Site. Par leur position, le plus souvent en promontoire, et leur situation dominante en entrée ou au centre du territoire, les cœurs de villages se détachent dans le paysage. Ils fonctionnent à la fois comme des points d’appel du regard et des points d’observation du grand paysage.
Chaque village offre à qui sait les découvrir, une place, une halte, un point de vue, permettant d’observer, de contempler, de prendre le temps de lire sous ses différents angles la Conca d’Oru, son vignoble et le golfe de Saint-Florent.
Depuis les cœurs de villages, ces points de vue quotidiens et communs pour les habitants, permettent de découvrir la silhouette insulaire du village voisin. Cette résonance villageoise ou co-visibilité fonctionne depuis le village de Poggio d’Oletta vers Patrimonio, de Patrimonio à Barbaggio. Le village de Farinole reprend ce principe de co-visibilité à plus petite échelle avec ses différents hameaux.
Les couleurs vives des maisons de villages et des églises se détachent nettement sur les fonds verts du paysage. Depuis le golfe, la citadelle et le vieux village de Saint-Florent forment un point d’appel à l’échelle du grand paysage. Ils s’inscrivent avec homogénéité et cohérence dans l’environnement proche du paysage habité et les perspectives plus lointaines des reliefs verdoyants. La situation stratégique de la citadelle, son site promontoire comme la volumétrie du bâtiment positionnent l’édifice comme un élément central des perspectives paysagères. A l’inverse, la citadelle et ses abords restent un belvédère d’où l’on peut apprécier l’ensemble du golfe de Saint-Florent et l’amphithéâtre minéral et végétal de la Conca d’Oru.
UN PARTAGE DU PATRIMOINE HISTORIQUE ET CULTUREL
Si l’architecture religieuse domine sur l’ensemble du territoire, notamment les édifices romans (chapelles, églises…), on recense également un patrimoine militaire (tours génoises, citadelle) et des éléments d’architecture civile (« palazzi », maisons de notable…). Ce patrimoine architectural est le souvent protégé au titre des Monuments Historiques.
Le territoire compte également un nombre important d’éléments patrimoniaux non protégés en majorité localisés en périphérie du site classé. La présence de tombes familiales, à Farinole (en bordure de la RD333) mais également à Poggio d’Oletta traduit l’influence du Cap Corse tout proche où ces sépultures, nombreuses, font partie de l’héritage architectural. L’ensemble des monuments situés dans le territoire du Grand Site retrace l’histoire des lieux et concourt à son identité. Par leur position le plus souvent dominante, ils fonctionnent comme des repères dans le paysage et lui donnent une échelle.
DES VERSANTS
PANORAMIQUES
Le Grand Site de France est traversé de routes panoramiques, sa topographie induit naturellement la présence de belvédères et de points de vue remarquables sur le grand paysage.
Chaque village offre des points de vue plus intimes, permettant d’observer sous ses différents angles le vignoble, les reliefs calcaires, le golfe de Saint-Florent, ainsi que les villages avoisinants. Ces hauteurs schisteuses marquent le début du Cap Corse au nord, et le massif de Tenda au sud, avec le Haut Nebbiu. L’étymologie de ce dernier (Nebbiu – la brume) est une appellation évocatrice du brouillard qui s’accroche fréquemment à la ligne de crête schisteuse, contribuant à l’atmosphère singulière et changeante de ces paysages aux reliefs marqués.
UN PARTAGE DE PANORAMAS PAR UN RÉSEAU DENSE DE ROUTES PITTORESQUES QUI DONNE À VOIR LE PAYSAGE DU GRAND SITE
Le maillage des routes au sein du Grand Site participe grandement à la qualité de la découverte des paysages. Les routes mettent en scène le paysage. Elles offrent des vues changeantes et variées avec un jeu d’emboîtement d’échelles du paysage depuis les routes « hautes » en « balcon » sur le grand paysage ou depuis les routes « basses » au niveau du littoral, des passes et « seuils d’entrée » dans le territoire.
Ces routes appartenant le plus souvent à la voirie départementale, sont fréquentées à la fois pour l’efficacité des trajets mais aussi pour les points de vue qu’elles offrent sur le grand paysage. Finement posées, elles sont relativement discrètes dans le paysage. L’itinéraire routier « en corniche » empruntant la RD38, la RD81 et la RD33, qui relie le village de Poggio d’Oletta au village de Farinole, via le col de Teghime et Patrimonio, permet de découvrir les qualités paysagères exceptionnelles du Grand Site.
Cette situation offre un déroulé sur le paysage du site avec des vues longitudinales ou frontales en fonction de l’orientation du regard selon les virages. Les perspectives varient au fil du parcours tout en étant empreintes des éléments caractéristiques du paysage du Grand Site, à savoir : le maillage des parcelles de vigne, base du paysage observé, la dorsale calcaire avec en arrière-plan le golfe de Saint-Florent dans un vis-à-vis permanent. Cette route participe à la découverte du paysage du Grand Site tout en le mettant en valeur par sa position dans le socle paysager. Elle est un balcon sur le grand paysage où le regard porte loin sans jamais être dissocié de la Conca d’Oru, du vignoble de Patrimonio et du golfe de Saint-Florent.
Traversant le site classé d’Est en Ouest, la RD81 qui relie le col de Teghime à Saint-Florent et la RD238 entre Poggio d’Oletta et Saint-Florent constituent des routes « seuils » portes d’entrée et d’accueil dans le Grand Site et le vignoble. Le franchissement du col de Teghime depuis Bastia en direction de Saint-Florent offre un panorama qui a fait l’objet d’un aménagement valorisé. Par leur position au sein du site classé, ces routes révèlent de nombreux points de vue « naturellement » présents et susceptibles d’être aménagés.
INTERFACE TERRE/MER
ET GOLFE DE SAINT-FLORENT
Le golfe de Saint Florent est à la jonction de la façade Nord de l’île, de la Balagne, de l’Agriate, et de la côte Ouest du Cap Corse. Sa forme d’amphithéâtre tourné vers la mer est dessinée par un littoral, trait d’union de la terre et de l’eau qui converge en une perspective formée par la citadelle de Saint Florent en premier plan de la Conca d’Oru.
La façade littorale est marquée par un paysage balnéaire, qui, après s’être concentré autour de la citadelle et du vieux Saint-Florent, s’est déroulé en continuité du littoral et le long des pentes des reliefs calcaires. Une partie du site classé Conca d’Oru et vignoble de Patrimonio se prolonge jusqu’au littoral de Patrimonio, le long du sentier de la Vecchiaia ; sentier offrant des vues remarquables sur la côte calcaire. Au nord du Grand Site, la formation de falaises plus abruptes à Farinole annonce l’entrée du Cap Corse.
Les reliefs de la chaîne calcaire sont découpés par trois « strette », vallons naturels étroits où sillonne un ruisseau. Les « strette » font le lien entre le cœur viticole et terrestre du Grand Site et sa façade maritime.
Le dialogue Terre – Mer est présent dans chaque panorama offert par le relief du Grand Site. Le golfe de Saint Florent et la conque se répondent dans une réciprocité permanente de bleu et de vert, de roche et d’eau, d’horizontalité et de verticalité. Par la fenêtre littorale du Grand Site, les parties terrestre et maritime se rejoignent avec singularité. L’union de ces deux milieux forme des paysages uniques, attractifs et majoritairement préservés. D’Ouest en Est, le littoral du golfe de Saint Florent fonctionne en vis-à-vis entre les falaises de schistes du Cap Corse et les reliefs granitiques de l’Agriate. Les plages comme la citadelle et la vieille ville de Saint Florent forment un point focal, repère du grand paysage.