Une richesse écologique exceptionnelle
FAUNE ET FLORE
Patrimoniales variées
L’aire du Grand Site englobe de nombreux milieux différents, favorables à une faune et une flore patrimoniales variées.
REPTILES
Parmi les reptiles, on note la présence de milieux propices à la Tortue d’Hermann, au Phyllodactyle d’Europe et à la Cistude d’Europe. Les amphibiens y sont bien représentés, avec notamment le Discoglosse sarde (Discoglossus sardus) et le Crapaud vert.
OISEAUX
Le territoire se distingue par sa richesse en avifaune. Le Milan royal (Milvus milvus) y est régulièrement observé, de même que l’Œdicnème criard dans les milieux ouverts de la plaine. Les milieux rocheux peuvent accueillir le Faucon pèlerin, tandis que la Pie-grièche à tête rousse peut être présente dans les zones semi-ouvertes. La Fauvette pitchou (Sylvia undata) et la Fauvette sarde (Sylvia sarda) comptent également parmi les espèces protégées du site.
CHIROPTÈRES
Sur le territoire, les chiroptères trouvent des zones de chasse variées, et des gîtes avérés ont été identifiés pour plusieurs espèces à forte valeur patrimoniale telles que le Petit Rhinolophe (Rhinolophus hipposideros), le Grand Rhinolophe et le Murin à oreilles échancrées.
INSECTES
Les milieux ouverts et semi-ouverts abritent plusieurs insectes remarquables, dont la Zygène de Corse et le Porte-queue de Corse (Papilio hospiton), ainsi que le Barbitiste corse, la Decticelle de Porto-Vecchio, le Phanéroptère corse et le Grillon des jas. La présence potentielle du Grand Capricorne, coléoptère protégé, vient renforcer l’intérêt entomologique du site.
FLORE
Pour ce qui est de la flore, 131 espèces végétales patrimoniales sont recensées en bibliographie, dont une espèce d’intérêt communautaire : le chou insulaire (Brassica insularis) de Barbaggio et Poggio d’Oletta.
La richesse floristique se manifeste aussi à travers une diversité remarquable d’orchidées, telles que Ophrys conradiæ, dédiée à la botaniste corse Marcelle Conrad, Ophrys funerea et Ophrys zonata, toutes deux endémiques cyrno-sardes et très rares, ou encore Anacamptis papilionacea, Neotinea lactea et Serapias lingua.
D’autres espèces patrimoniales emblématiques comme l’Euphorbe arborescente (Euphorbia dendroides), la Lavatère maritime (Lavatera maritima) ou le Laurier-rose (Nerium oleander) illustrent la diversité des habitats méditerranéens présents.
SITES NATURA 2000
RISQUES ET CONTINUITES ECOLOGIQUES
Les sites Natura 2000 visent à préserver les habitats et les espèces rares ou menacées en Europe. Le territoire du Grand Site comprend trois sites Natura 2000. Le Grand Site est désormais gestionnaire de deux de ces sites Natura 2000 : Stations à chou insulaire et Strette de Saint-Florent.
STATIONS A CHOU INSULAIRE (BRASSICA INSULARIS)
- Localisation : Versant ouest du Monte Seccu, sur les communes de Barbaggio et Poggio d’Oletta
- Superficie : 67 ha
- Altitude : 400 à 714 m
Il s’agit de l’un des cinq sites corses désignés pour la préservation du chou insulaire (Brassica insularis), espèce végétale rare, menacée au niveau mondial, avec un intérêt patrimonial et agronomique (réservoir de gènes de résistance pour les choux cultivés).
« STRETTE » DE SAINT-FLORENT
- Localisation : La chaîne calcaire du Sant’Anghjulu, les ruisseaux du Poggio et de la Strutta
- Superficie : 186,29 ha
- Altitude : Jusqu’à 400 m environ
Composées de crêtes rocheuses et falaises calcaires, les « strette » sont favorables à une biodiversité spécifique et constituent un habitat d’intérêt communautaire.
AGRIATE (TERRITOIRE TERRESTRE ET MARITIME)
- Localisation : Façade maritime du Grand Site, jusqu’à l’Ostriconi
- Superficie : 29 670 ha (dont 78 % en mer)
- Altitude : Jusqu’à 400 m environ
Ces espaces littoraux et marins remarquables (dunes, maquis, herbiers de posidonie) constituent des habitats d’une grande richesse. La partie marine est intégrée au Parc Naturel Marin du Cap Corse et de l’Agriate.
PARC NATUREL MARIN
DU CAP CORSE ET DE L’AGRIATE
Créé en 2016 (6 830 km²), il recouvre partiellement le territoire marin du Grand Site.
Il protège des habitats rares (herbiers, coralligène) et des espèces patrimoniales (langouste rouge, denti, homard, thon rouge, sériole, espadon, cétacés, oiseaux marins comme goélands d’Audouin, cormorans huppés, puffins cendrés et balbuzards pêcheurs).
OBJECTIFS DU PARC
En coopération avec l’ensemble des acteurs du territoire et des politiques publiques, le Parc assure l’équilibre entre les enjeux environnementaux et économiques de son territoire maritime.
Il répond à trois objectifs fondamentaux :
- Mieux connaître le milieu marin
- Protéger le milieu marin
- Soutenir le développement durable des activités maritimes
Ces objectifs se déclinent en 6 orientations stratégiques :
- Améliorer la connaissance des espaces littoraux et marins autour du Cap Corse et de l’Agriate dans leurs composantes naturelles et culturelles, par l’inventaire, le recueil et l’approfondissement des connaissances scientifiques, des savoirs locaux et de la recherche participative.
- Sensibiliser, responsabiliser et accompagner les différents publics pour que leurs pratiques répondent aux enjeux de développement durable et de préservation de la biodiversité marine.
- Préserver, voire restaurer, l’intégrité des écosystèmes marins et littoraux, notamment celle des habitats et espèces rares ou emblématiques du parc.
- Contribuer à la caractérisation, l’évaluation et l’amélioration de la qualité des eaux, indispensables au bon fonctionnement et au bon état des écosystèmes marins du Cap Corse et de l’Agriate.
- Créer et entretenir une dynamique pour que les activités professionnelles et de loisirs fassent du parc un modèle exemplaire de développement durable et équitable, ouvert à l’innovation.
- Se réapproprier la culture maritime locale et transmettre la passion de la mer : espace d’évasion, de liberté mais aussi de devoir.
QUELQUES ESPECES EMBLEMATIQUES
La grande araignée de Méditerranée
La grande araignée de Méditerranée (Maja squinado), est une espèce qui se rencontre sur tous les types de fonds marins, aussi bien sableux que rocheux, ou encore dans les herbiers de Posidonies. Ce crustacé, dont la carapace peut mesurer jusqu’à 25 cm, est observé le plus souvent entre la surface et 50 m de profondeur, mais il n’est pas rare de le trouver à des profondeurs plus importantes. Saviez-vous que cette espèce est experte dans l’art du camouflage ? En effet, les jeunes araignées de mer se servent de leurs pinces pour attraper algues, éponges, mollusques ou petites anémones, qu’elles viennent fixer sur leur carapace. Très appréciée pour ses propriétés gustatives, l’araignée fait son grand retour migratoire le long de nos côtes, où elle remonte des profondeurs. Si vous avez la chance de la croiser, n’oubliez pas que seuls les pêcheurs professionnels sont autorisés à prélever cette espèce.
Les oursins
Sa pêche est très encadrée et règlementée. Pour nous permettre de profiter durablement de ce mets subtil mais fragile, le Parc mène un travail de suivi scientifique avec la plateforme de recherche Stella Mare. Des comptages sont réalisés en plongée deux fois par an sur huit sites du Parc, à différentes profondeurs, pour aboutir à un état des lieux précis de sa population d’oursin violet et être en capacité d’organiser la gestion durable de cette ressource en partenariat avec les pêcheurs professionnels.
ATLAS
DE LA BIODIVERSITE COMMUNALE (ABC)
La démarche ABC du Grand Site vise à renforcer la compréhension des enjeux de biodiversité locaux, en lien étroit avec les spécificités paysagères et culturelles du territoire.
Elle répond à une volonté des six communes et du Syndicat mixte du Grand Site de mieux connaître la faune et la flore présentes sur leur territoire, de sensibiliser les habitants et visiteurs aux richesses naturelles du territoire, et d’accompagner les acteurs économiques locaux dans la prise en compte de la biodiversité dans leurs actions. L’Atlas de Biodiversité Communale permettra au Grand Site de se doter d’un outil pour les communes du territoire facilitant leur engagement dans la protection et la préservation de la biodiversité locale.
Le projet d’ABC
Le projet d’ABC ne s’arrête pas aux frontières du Grand Site mais inclut l’ensemble des périmètres des 6 communes concernées par le projet d’Atlas dans sa globalité, soit : Barbaggio, Patrimonio, Saint-Florent, Farinole, Poggio-d’Oletta et Oletta. Les travaux qui seront issus de l’ABC permettront aux communes de mieux prendre en compte les enjeux de biodiversité dans leurs projets.